Prendre soin de soi est important
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Le thérapeute et la société

Le 08/07/2026

Dans DIVERS

Face à la société, quel réaction doit avoir un thérapeute?

L'humanité derrière la fonction

Derrière chaque thérapeute se trouve un homme ou une femme avec une histoire personnelle. Plus il avance en âge, plus il accumule une expérience professionnelle, sentimentale, amicale et spirituelle. C'est son parcours de vie. Le rôle de thérapeute recouvre des pratiques très variées, exercées par des individus aux profils divers. Chacun s'efforce d'aider au mieux les personnes qui le consultent.

En dehors des soins qu'il apporte à ses clients, le thérapeute mène sa vie comme tout un chacun. Rien ne lui est dû ni accordé par miracle. Il se doit d'être intègre, franc, honnête et rigoureux. Son rôle est de montrer une direction. Cela ne signifie pas qu'il échappe aux obstacles du monde. Bien au contraire, sa sensibilité est souvent plus aiguisée que celle de la plupart des gens. Il est donc légitime qu'il exprime ses ressentis, et parfois sa colère, face à une situation ou un événement qui trouble la société. Le thérapeute n'est pas un être désincarné, un sage intouchable perché sur un piédestal, ni une machine à guérir. Il est, avant tout, un être humain.

Lors des échanges avec ses clients sur la société actuelle, de plus en plus difficile et source de divisions, le thérapeute se trouve dans une position délicate. Il doit rester impartial, sans pour autant être malhonnête envers la personne qu'il accompagne. Sans prétendre détenir la vérité, il peut partager son opinion, avec clarté et sans détour.

L'humanité derrière la fonction

Le "chemin de vie" du thérapeute est précisément ce qui nourrit sa pratique. Les diplômes et les techniques sont des outils, mais c'est le vécu — les deuils traversés, les amours vécues, les crises existentielles, les doutes spirituels — qui donne au thérapeute sa véritable capacité d'empathie. Plus il a avancé sur son propre chemin, plus il est capable de comprendre les ronces dans lesquelles ses patients se prennent les pieds.

Cependant :

  • Un thérapeute vit dans le même monde que tout le monde : Il paye ses factures, subit les crises sociétales, fait face à la maladie ou aux déceptions amicales. Rien ne lui est épargné par "miracle".
  • L'hypersensibilité comme outil et comme fardeau : Pour aider, un thérapeute doit développer une grande perméabilité aux émotions des autres (l'empathie, les ressentis). Mais cette résonance ne s'éteint pas un quart d'heure après la fin de la consultation. Face aux injustices, aux dysfonctionnements de la société ou à la violence du monde, il ressent souvent les choses de manière encore plus brute, plus intense.

Le droit à la parole et à la colère

L'idée que le thérapeute doit être un modèle de neutralité absolue en tout temps est un mythe rigide. L'intégrité et l'honnêteté exigent parfois, au contraire, qu'il soit authentique.

Lorsqu'une situation sociale ou un événement vient perturber la collectivité, le thérapeute a parfaitement le droit d'exprimer sa colère ou son indignation. Une colère saine et constructive est souvent le signe d'une boussole morale qui fonctionne bien. Montrer le chemin, ce n'est pas feindre une paix intérieure artificielle au milieu du chaos ; c'est montrer comment on traverse la tempête en restant aligné avec ses valeurs, avec ses doutes et ses émotions partagées.

Un thérapeute qui s'autorise à être humain aide aussi ses patients à s'autoriser à l'être.

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