La pollution due à la fabrication vestimentaire est souvent sous-estimée. L'industrie de la mode et du textile est aujourd'hui considérée comme la deuxième industrie la plus polluante au monde (après le pétrole), générant environ 8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
La fabrication d'un vêtement impacte l'environnement à chaque étape de sa chaîne de production :
1. L'extraction et la production des matières premières
Le choix de la fibre a un coût écologique massif, qu'elle soit synthétique ou naturelle :
- Le polyester et les fibres synthétiques (60 % de nos vêtements) : Ils sont dérivés du pétrole. Leur fabrication requiert un procédé pétrochimique très énergivore qui émet d'immenses quantités de CO₂.
- Le coton traditionnel : Bien qu'il s'agisse d'une fibre naturelle, sa culture est l'une des plus gourmandes en eau de la planète (il faut environ 2 700 litres d'eau pour un seul t-shirt, soit ce qu'un être humain boit en 2,5 ans). De plus, elle monopolise une quantité énorme de pesticides et d'engrais chimiques qui polluent les sols et les nappes phréatiques.
2. La pollution de l'eau : Teintures et "Ennoblissement"
C'est l'étape la plus destructrice pour l'écosystème aquatique. Pour transformer un tissu brut en vêtement coloré et doux, il subit de nombreux traitements chimiques (blanchiment, teinture, adoucissant, imperméabilisant).
20 % de la pollution mondiale de l'eau industrielle provient de la teinture et du traitement des textiles.
Dans beaucoup de pays producteurs où les règles environnementales sont quasi inexistantes, les usines rejettent leurs eaux usées saturées de métaux lourds (plomb, chrome), d'arsenic et de colorants toxiques directement dans les rivières locales. Cela détruit toute vie aquatique et empoisonne l'eau potable des populations riveraines.
3. Les microplastiques : une pollution invisible mais durable
Même après sa fabrication, le vêtement synthétique continue de polluer :
- À chaque lavage en machine, les vêtements en polyester, nylon ou acrylique relâchent des microfibres de plastique.
- Ces particules sont trop fines pour être entièrement filtrées par les stations d'épuration et finissent dans les océans.
- On estime que les textiles synthétiques sont responsables d'environ 35 % des microplastiques qui polluent les océans. Ils sont ensuite ingérés par la faune marine et remontent toute la chaîne alimentaire... jusqu'à nos assiettes.
4. Le transport et la "Fast Fashion"
Un vêtement fait souvent plusieurs fois le tour du monde avant d'arriver dans votre armoire : le coton est produit dans un pays, filé dans un autre, tissé ailleurs, teint dans un quatrième puis assemblé dans un cinquième, avant d'être expédié par avion ou cargo.
Ajoutez à cela le modèle de la fast fashion (et ultra fast fashion), qui produit plus de 100 milliards de vêtements par an dont une part colossale finit brûlée ou jetée dans des décharges à ciel ouvert (notamment au Ghana ou dans le désert d'Atacama) sans jamais avoir été portée.
Que faire à son échelle ?
- Acheter moins mais mieux : Privilégier la seconde main ou la qualité durable.
- Privilégier les matières à faible impact : Le lin et le chanvre (qui demandent très peu d'eau et pas de pesticides), ou le coton biologique certifié (GOTS).
- Laver moins souvent et à froid : Cela limite la casse des fibres synthétiques et le relargage de microplastiques.
Sources : wecount, envie Touraine, Sami, Unric